Portrait de la famille Cossette-Lacerte

Un destin familial lié à l’agriculture
Famille-Cossette-Lacerte

Julie Cossette et Mario Lacerte et leurs 5 enfants: Alexandre, Gabriel, Philippe, Sarah et Nicolas

Julie Cossette et Mario Lacerte sont des agriculteurs dans l’âme : ils sont nés de familles d’agriculteurs et ont des enfants qui assurent la pérennité de la lignée.
Julie Cossette est la septième d’une famille de neuf enfants, dont trois sont demeurés en agriculture. Elle est originaire de Ste-Adelphe près de St-Tite en Mauricie. Durant son enfance, elle est active sur la ferme familiale qui a un troupeau laitier et une production de dindes. Comme tout enfant ayant vu le jour sur une exploitation agricole, on lui confie des tâches selon ses capacités et elle prend plaisir à s’occuper des veaux. Ses parents lui transmettent leur amour pour les animaux et la vie d’agriculteur. Son père est agriculteur de troisième génération ayant appris son métier de ses parents et des formations données, à l’époque, par l’Union des Cultivateurs Catholiques (UCC). Il participe à de nombreuses expositions en compagnie de ses enfants ce qui permet à tous de profiter des échanges et des contacts. Cette façon de faire sera un exemple très significatif pour Julie tout au long de sa vie.
Mario Lacerte a grandi sur une exploitation agricole comptant un troupeau laitier et une production d’œufs de consommation à St-Sévère près de Louiseville en Mauricie. Il est le cadet d’une famille de quatre garçons dans laquelle l’agriculture est pratiquée depuis au moins trois générations. Depuis son enfance, Mario a une préférence pour le soin des vaches. Il rêve de travailler sur l’amélioration génétique de son propre troupeau. Cette vie lui est agréable et le défi d’optimiser la rentabilité d’un troupeau laitier qui lui appartiendrait le stimule grandement à poursuivre dans cette voie.
Tout pouvait laisser croire que les chemins de Julie Cossette et de Mario Lacerte se croisent un jour.
<<…Le lait c’est bien, mais à deux c’est mieux!>>
Cette adaptation d’un slogan de la Fédération des producteurs de lait convient bien à l’histoire qui unit Julie à Mario. Mario est admis à l’ITA de La Pocatière et est diplômé en Zootechnologie en 1980. Julie s’inscrit à l’ITA de St-Hyacinthe et obtient son diplôme en Zootechnologie en 1983. Ils acceptent leur premier emploi, à trois ans d’intervalles, au contrôle laitier du PATLQ Programme d’analyse des troupeaux laitiers du Québec, sur le territoire de la Mauricie.
Julie et Mario font connaissance et deviennent des collègues de travail. Ils aident les producteurs à améliorer leur production laitière et la génétique de leur troupeau en leur proposant des solutions adaptées à leur réalité. Leur travail permet de faire des contacts, d’approfondir leurs connaissances et de développer leur expertise. Un peu plus tard, ils arpentent ensemble le territoire mauricien à la recherche de l’exploitation laitière tant convoitée. Plusieurs points communs les unissent : l’amour du métier d’agriculteur et des bêtes ainsi que le projet d’exploiter un jour leur propre ferme et d’y fonder une famille. Leur complémentarité dans le travail a tout naturellement conduit à la complémentarité dans la vie et au mariage en 1986.

Ferme Marilie : un but atteint et un projet familial qui évolue

Ferme Marilie

Installations de la ferme à ses débuts

En 1988 deux grands événements mènent les époux à leur but : l’achat de leur ferme à Yamachiche et la naissance de leur premier fils Alexandre. L’exploitation est appelée Ferme Marilie, une ferme laitière jugée à grand potentiel tant pour l’élevage que pour la culture. De plus, Mario trouve cette terre de grande qualité, un facteur déterminant voir irremplaçable selon ses dires : « Les bâtiments et la machinerie peuvent toujours être remplacés, mais pas le fond de terre ».
Dès le début, Julie et Mario se consacrent ensemble à la gestion, à la régie du troupeau de vaches croisées Ayrshire et au fonctionnement de l’entreprise. Le troupeau initial devra être amélioré génétiquement pour répondre aux objectifs de qualité et de rentabilité que se sont fixés les nouveaux acquéreurs. On s’oriente davantage vers la race Ayrshire pure sang par l’achat de nouvelles bêtes et d’embryons ainsi que par de multiples inséminations. Le troupeau sera graduellement transformé et composé de vaches championnes et de grande valeur. Parallèlement, la famille s’agrandit de quatre autres enfants : Gabriel (1990), Philippe (1991), Sarah (1993) et Nicolas (1996).

Ferme Marilie

Les installation de la Ferme Marilie maintenant

En 2008 une décision familiale est prise pour augmenter les quotas et les revenus en vue d’intégrer les enfants dans l’entreprise. Des rénovations majeures sont nécessaires. On envisage d’y intégrer les plus récentes innovations technologiques. Le chantier est entreprit principalement par Mario, un habile mécanicien et constructeur et ses trois garçons les plus vieux. Toutefois lorsque cela est nécessaire, toute la famille est mise à contribution. Les parents savent combien il est important de démocratiser l’entreprise afin que la relève s’y intéresse.

Le goût de l’innovation, la clé de la fierté familiale

Comme l’ont fait leurs parents avant eux, Julie et Mario intègrent leurs enfants aux travaux de la ferme et aux activités extérieures. Par exemple, Nicolas le plus jeune participe à la traite du soir avec Mario et pendant que Sarah s’occupe de l’alimentation des veaux le soir avec Julie. Les enfants sont aussi invités à accompagner leurs parents dans les expositions et les concours : ils toilettent et présentent les plus belles bêtes du troupeau avec décorum. Cette présence leur fait prendre conscience de la réputation d’excellence de l’entreprise familiale. Ils peuvent aussi constater l’importance d’échanger avec les autres et de s’ouvrir à de nouvelles idées et façons de faire.

Sarah et Mario Lacerte: préparation d’une génisse

Sarah et Mario Lacerte: préparation d’une génisse

Cette fierté familiale est sans doute un élément important dans le choix de carrière de leurs enfants. Rappelons qu’Alexandre est menuisier-charpentier et que Gabriel a étudié au programme TGA, (Technologie du génie agricole). Le premier est devenu constructeur et le second opérateur de pelle mécanique. Ces expertises demeurent très utiles aux travaux de rénovation et de reconstruction puisqu’à ce jour tous les bâtiments ont été remplacés et toute la machinerie renouvelée. Philippe qui a gradué en TPA, (Technologie de production animale) en 2012 est le fils le plus impliqué dans les activités de la ferme et dans la régie du troupeau. Sarah est présentement étudiante au programme TPQA, (Technologie des procédés et de la qualité des aliments), et elle compte effectuer un stage de perfectionnement en fromagerie en France après ses études. Pour Nicolas qui débute ses études en TPA, cela reste à préciser. Les connaissances actualisées des enfants et leurs contacts sont une source de renouvellement pour toute l’entreprise.

Un projet avec une vision est à la base de leur réussite

Photo-Récipiendaire-du-prix-Expo-Rive-Nord

de gauche à droite Une hôtesse, Julie Cossette, Philippe, un représentant, Mario Lacerte, Sarah, Nicolas et un juge

Mario Lacerte et Julie Cossette sont des visionnaires. Depuis les tous débuts de leur projet d’entreprise, ils ont été réceptifs aux avancées technologiques et on établit un réseau de contacts avec les autres éleveurs et fournisseurs.
Mario a obtenu plusieurs titres et reconnaissances, entre autres: en 2001, Mario Lacerte est la personnalité Ayshire de l’année ; en 2005, le titre de Maître-Éleveur Ayshire est aussi attribué à la ferme. Le prix de Maître-Éleveur est l’honneur le plus élevé accordé par Ayrshire Canada. Il est décerné aux éleveurs qui produisent des animaux qui excellent pour la conformation et la production. La Ferme Marilie est aujourd’hui un fleuron de Yamachiche tel que rapporté dans le Bulletin municipal d’avril 2012 : << La municipalité de Yamachiche tient à souligner l’excellence d’une ferme de chez-nous. D’un début modeste il y a un peu plus de 20ans, la ferme n’a cessé de progresser. Le quota laitier a été multiplié par 6 Le nombre de têtes par 3… Les propriétaires de la ferme Marilie sont de vrais professionnels de l’agriculture, des gens que tous voudraient avoir comme voisins, comme amis. >>(Allocution prononcée par Michel Isabelle, maire de Yamachiche, lors de la remise du Prix Bâtisseur 2012, remis par la Chambre de Commerce de la MRC Maskinongé.)
La Ferme Marilie est présente dans plusieurs expositions et salons depuis 1992, par exemple : le Salon International Laitier de St-Hyacinthe dont Mario a été le président- fondateur, l’Expo de Trois-Rivières, dont il a assuré la présidence pendant cinq ans et est maintenant vice-président. On la retrouve également aux Expositions régionales de St-Hyacinthe et de la Rive-Nord de Ste-Julienne, l’Exposition provinciale à Montmagny, parfois à la Royale de Toronto et à l’occasion à celle du World Dairy Expo de Madison au Wisconsin. Ces activités sont récompensées par plusieurs médailles et prix. De plus au fil des ans, il est devenu très fréquent de voir, des vaches avec le préfixe MARILIE obtenir des résultats exceptionnels tant en production qu’en conformation. La génétique de leurs sujets étant reconnue, cela leur permet de vendre des embryons partout dans le monde. La Suède, la Finlande, l’Australie et les États-Unis profitent déjà de la génétique d’exposition du troupeau Marilie.

L’ITA un terrain d’échanges et une source de connaissances

Les parents Julie et Mario, comme leurs enfants sont tous arrivés à l’ITA avec un certain savoir et savoir- faire. Selon Julie, comprendre le pourquoi de ces pratiques et acquérir suffisamment de nouvelles connaissances pour les améliorer et les innover ; voilà les grands bénéfices de passer par les ITA. Mario et Julie ont transmis à leurs enfants, la nécessité d’être à l’avant-garde, d’avoir une vue plus globale de leur milieu en allant voir ce qui est pratiqué ailleurs, de discuter et d’échanger avec des pairs. La relève de Julie et de Mario est assurée grâce aux connaissances que leurs enfants ont acquises et aussi à cause de leur détermination à faire de leur projet une réussite familiale.