Famille Potvin - Cormier

L’Érablière le Murmure du Printemps un rêve qui unit les Potvin-Cormier.

Marie-Josée Potvin et Pierre Cormier sont diplômés de l’ITA campus de St-Hyacinthe. L’amour de l’agriculture et de l’acériculture a façonné leurs rêves.

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Marie Josée a grandi sur une ferme laitière à Farnham. En 1947, Romuald son père, étudie à l’École d’Agriculture de Brigham et plus tard à l’École d’Agriculture de Saint-Rémi. Il y apprend les méthodes modernes de l’agriculture de l’époque et la gestion d’une ferme. Fort de cette formation, M. Potvin monte graduellement, avec l’aide de son épouse enseignante, un cheptel de cinquante vaches laitières sur sa terre de cent quatre-vingt acres.

En 2000, suite au décès de M. Potvin, la terre paternelle est vendue. La famille de Marie-Josée compte cinq enfants. Benoît, l’ainé est diplômé de l’ITA en Génie Rural, option Hydraulique Agricole en 1980. En 1994, il acquiert de son père malade, une petite terre de cinquante acres sur le même rang que la terre familiale pour y cultiver le maïs et le soya. Les jumeaux Robert et Marie-Josée s’inscrivent à l’ITA en 1981. Robert choisit le programme Exploitant de Ferme, mais il quitte après une année pour poursuivre des études en foresterie à St-Félicien.

Marie-Josée choisit le programme Technique alimentaire, option Génie Industriel Alimentaire. Elle assure la trésorerie de l’association étudiante et se trouve un penchant pour l’administration. Elle gradue en 1984. Après une année au contrôle de qualité à Rougemont, elle décide d’entreprendre des études en administration des affaires. Marie- Josée apprécie la vie à la campagne, sa fibre d’entrepreneure-gestionnaire et ses qualités de communicatrice nourrissent son rêve de démarrer un gîte touristique.

Pierre Cormier est originaire de Princeville dans la région des Bois-Francs, surnommée Capitale mondiale de l’érable. Il est le benjamin d’une famille de quatre enfants. Son père Laurent possède un cheptel de trente vaches laitières sur une terre de cent dix acres. Sa mère est enseignante. Le père de Pierre, comme plusieurs membres de sa famille, achète une érablière de trois mille entailles à St-Pierre-Baptiste en 1974. C’est là que Pierre fait ses classes d’acériculteur et s’initie à la construction et à l’ébénisterie.

En 1976, suite au décès prématuré de son père, la ferme laitière est démantelée. Pierre exploite l’érablière familiale avec sa mère ce qui finance ses études en Zootechnologie à l’ITA de St-Hyacinthe. Il obtient son diplôme en 1983, année où la ferme est finalement vendue. Suivra l’érablière l’année suivante et Pierre vit une grande peine. Il conserve malgré tout son désir d’exploiter éventuellement sa propre érablière.

Pierre et Marie-Josée se rencontrent sur le campus de l’ITA. Dès que Marie-Josée voit Pierre sur la scène de l’auditorium lors de l’initiation des nouveaux, elle dit à ses amies: ‘’j’aimerais que ce beau blond soit mon amoureux’’. Ils deviennent amis puis, à la première coulée de 1982, Pierre offre à Marie-Josée une pinte de sirop extra-clair et le sort est jeté!

Photo2-Pierre-Cormier-sur-le-terrain-pour-le-compte-de-la-Coop-Federee

Les époux n’abandonnent pas leurs rêves respectifs.

Pierre débute une carrière qui durera plus de trente ans à la Coopérative Fédérée comme représentant de territoire en productions animales. Il supervise les technologues et agronomes des coopératives régionales en Estrie, Montérégie, Outaouais et en Abitibi-Témiscaminque. Il conseille les agriculteurs des élevages laitier, bovin, ovin, caprin et équin. Les connaissances acquises en Zootechnologie à l’ITA et celles transmises par son père jumelées aux expériences sur le terrain, lui confèrent une expertise très recherchée.

Environ dix ans après leur union, Pierre et Marie-Josée choisissent de s’établir à Dunham, dans les Cantons-de-l’Est. C’est l’endroit dans lequel ils envisagent de concrétiser leurs rêves. Ils achètent une grande maison loyaliste bicentenaire, Elm Cottage Farm qui, une fois rénovée, devient le gîte Le Temps des Mûres. L’aventure rêvée de Marie-Josée durera dix- sept ans. De plus, ils louent avec l’option d’achat, une ferme dotée d’une érablière de quatre cents acres.Photo3-Le-gite-Le-temps-des-mures-a-Dunham

Cent vingt-cinq acres en pâturage sont immédiatement à leur disposition pour démarrer une production animale. Pierre commence par la semi-finition de bovins de boucherie. Depuis lors, ces pâturages sont réservés à des taures laitières de producteurs voisins. Pierre et Marie-Josée acquièrent graduellement la totalité de la ferme. Durant ce temps, Pierre exploite l’érablière et accroit le nombre d’entailles à seize mille. Il améliore les installations et ajoute des équipements nouveaux. Il achète aussi cinquante acres supplémentaires de boisé.

Pierre et Marie-Josée nomment leur entreprise : Érablière Le Murmure du Printemps. L’entreprise grandit grâce à l’expertise de chacun des époux. Ils continuent cependant à occuper leurs emplois respectifs ; Pierre à la COOP Fédérée et Marie-Josée à la Banque de Montréal comme directrice des services financiers. La famille s’agrandit. À leur arrivée à Dunham, ils étaient trois : les époux et Rodolph, le Golden Retriever. En 1997, ils sont six, dont trois enfants : Alexis l’ainé, Delphine et Léa-Sam la cadette. Les enfants se plaisent dans cet environnement agrotouristique. Ils participent aux tâches connexes du gîte.

Photo4-Alexis-en-stageC’est Alexis qui a hérité de la fibre agricole familiale car tous les aspects de l’agriculture l’intéressent. Jeune adolescent, il débute un élevage de six génisses et s’initie ainsi à toutes les étapes de l’élevage. Il participe à des expositions régionales avec deux d’entre elles. Il les élève jusqu’à maturité, et les vend avec un profit alors qu’elles sont gestantes. C’est la piqûre! Il accompagne son père dans ses activités agricoles, dans les expositions et parfois lors de journées de formation. Les contacts avec les agriculteurs et leur relève confirment son choix. Il s’implique avec les jeunes ruraux de la région.

À la fin de son secondaire, en 2011, il est le seul de sa cohorte à s’inscrire à l’ITA de St-Hyacinthe au programme Technique de Production Animale. À la fin de sa première année, il travaille chez Bourdeau Bros, un meunier du Vermont. Il y perfectionne son anglais et visite de grosses fermes laitières dont certaines pratiquent l’amélioration génétique des troupeaux. Il va dans des expositions agricoles de grande envergure. Ces nouveaux horizons l’enthousiasment.

L’été suivant, il fait un stage chez Valacta, le centre d’expertise en production laitière Québec-Atlantique. Il fait de multiples contacts en parcourant plusieurs fermes des provinces atlantiques. En 2014, il obtient son diplôme et part travailler à Moléson en Suisse, pour y vivre les alpages. Il y aide à fabriquer le Gruyère typique de la Suisse à partir du lait obtenu des troupeaux qui vivent en montagne. Cette expérience lui fait apprécier le savoir-faire et le mode de vie de ses hôtes. Au retour, il s’inscrit en agroéconomie à l’Université Laval. Avec tout ce baguage, un avenir prometteur se dessine pour Alexis.

L’ITA un lieu de partage et de complicité centré sur l’étudiant.

Lorsque Pierre Cormier parle de l’ITA campus de St-Hyacinthe, une étincelle s’allume. Il se souvient de toutes les occasions dans lesquelles il a vécu le partage et la complicité avec son amoureuse, ses confrères et consœurs. Il souligne l’aide reçue de ses professeurs et du conseiller pédagogique Yvon Blanchard. Il se remémore sa participation étudiante à plusieurs comités : la présidence de l’Association étudiante de l’ITA, les activités parascolaires et le comité école-industrie auquel il se dévouera pendant de nombreuses années comme représentant de l’industrie. Il y a trouvé des gens, comme lui, issus et passionnés du monde agricole.

Les deux époux souhaitent que l’ITA conserve ses valeurs humaines et centre ses préoccupations pédagogiques et administratives sur les étudiants. Ils formulent le vœu que l’école reste solidaire du monde agricole, de ses enjeux et de ses besoins afin que la formation ouvre l’esprit des jeunes aux pratiques nouvelles et aux connaissances qui évoluent sans cesse.

Le retour aux sources

Aujourd’hui, l’entreprise de Marie-Josée et Pierre a atteint sa vitesse de croisière et l’érablière constitue leur principale activité. L’été, lorsque les travaux dans l’érablière sont complétés, Pierre se consacre à amélioration des champs afin d’y cultiver maïs et soya. Il voit à la transformation des produits de l’érable en beurre, sucre, tire et bonbons. Ces produits sont disponibles à l’Érablière ou distribués dans vingt épiceries et boutiques de la région. À l’automne, il fait de l’aménagement et du bûchage. Marie-Josée travaille à la cabane durant la saison des sucres et s’occupe des aspects administratifs de l’entreprise. Pierre et Marie-Josée ont réalisé leurs rêves et transmis, à leur tour, le goût de l’agriculture à leur entourage. Bien que Delphine et Léa-Sam étudient et habitent à l’extérieur sur semaine, elles sont très présentes à la cabane pendant les sucres et leur aide est fort appréciée.

Photo5-Pierre-Cormier-preparant-le-sirop-de-son-erabliere

Le gîte Le Temps des Mûres et l’Érablière Le Murmure du Printemps constituent la réalisation de leurs rêves. Leur plus grand souhait serait que l’entreprise perdure et contribue à l’épanouissement de leurs enfants et de leurs descendants.