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Portrait de diplômés et retraités de l’ITAQ

Aurélie De Rainville, TPHE 2006

Quand l’appel de l’agriculture vous rattrape

Aurélie De Rainville en avait assez de l’agriculture et de ses innombrables contraintes. Il faut admettre que grandir sur une ferme laitière laisse peu de temps libre, surtout lorsque vos tâches touchent à la traite et au soin des animaux. « J’étais un peu en crise d’adolescence et tannée du domaine agricole. À la maison, le travail était obligatoire, se rappelle la diplômée de 2006 en Technologies de la production horticole et de l’environnement au campus de Saint-Hyacinthe, de l’ITAQ. J’ai dit à mes parents que je ne voulais pas traire des vaches toute ma vie, même si c’est ce que j’aimais le plus. Je voulais essayer autre chose. »

L’exploration d’Aurélie commence par son inscription en sciences de la nature, au cégep de St-Hyacinthe. L’aventure dure un an. L’appel de la terre se révèle trop puissant. « J’étais assise dans la verrière pour étudier, à l’automne, pendant les récoltes. Je regardais la batteuse dans le champ en arrière et je me questionnais sur les rendements et l’avancée des travaux dans les champs », raconte l’amoureuse de la terre et des chevaux. « Je suis allée m’inscrire à l’ITA la semaine suivante », dit-elle.

Le début d’une carrière

Le retour sur le terrain ne tarde pas. Une semaine après sa graduation, Aurélie De Rainville joint la Coop Covilac, de Baie-du-Febvre, maintenant Covris coopérative. Après six mois de stage, elle accompagne ses premiers clients comme experte-conseil en production végétale, un titre qu’elle conservera lors de son passage à la coopérative Covac, de Sainte-Rosalie, en 2014. « Je n’ai jamais voulu vendre ! Je voulais conseiller! Mais avec le conseil vient la proposition d’une solution. La vente, en fin de compte, c’est l’aboutissement du conseil technique », observe la diplômée.

Aurélie ne fait toutefois pas que conseiller les autres; elle expérimente. En 2012, elle ajoute à son mariage l’achat d’une ferme porcine et de grandes cultures, à Saint-Hugues, en Montérégie, avec son conjoint. Le couple refait le coup en 2016. « Une occasion s’est présentée, en face de chez nous! Six hectares de terre. Nous avons acheté et la Ferme Alezane naissait, et j’obtenais enfin mes cartes de productrice. »

La terre, c’est magnifique, mais il faut l’animer, l’habiter. Un premier enfant arrive en 2017, et un second en 2021. La carrière d’Aurélie prend à ce moment un virage important. L’occasion d’enseigner à l’ITAQ, son alma mater, se présente. « J’ai remplacé un prof en fin de session pour un cours de fertilisation. On m’a ensuite proposé une tâche à temps partiel pour l’automne suivant, et, rapidement, un poste à temps complet à l’automne et à l’hiver ! », raconte l’enseignante spécialisée en production végétale. « J’aime transmettre ce que j’apprends. Côté humain, j’aime particulièrement voir les étincelles dans les yeux d’un étudiant qui vient de comprendre les notions et de les intégrer. Je pense être plus heureuse qu’eux quand ça se produit ! »

Courage et détermination

Malgré tous ces accomplissements, la route d’Aurélie De Rainville ressemble par moments à un véritable parcours du combattant. « Nous sommes cinq enfants à la maison. Je n’ai qu’un frère. Pour mon père, c’était clair que la relève c’était lui. Moi, je devais travailler autrement pour avoir ma ferme. » Ça, ça signifie notamment saisir chaque occasion pour apprendre et s’approprier toujours un peu plus l’art complexe du travail de la terre. « Mon travail d’experte-conseil m’a beaucoup aidé. J’étais dans le champ quand c’était le temps. J’ai appris à semer 70 fois par printemps, à désherber toutes sortes de champs, à trouver des solutions à toutes sortes de problèmes, à faire face à des années financièrement difficiles chez mes producteurs et malgré tout, on s’en sortait », raconte la femme aux implications multiples, qui se félicite aussi de sa complémentarité avec son conjoint, et du chemin parcouru depuis 2012. « Le chemin est différent pour tous. Nous partions de loin, nous irons loin. »

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